Ecologie des Relations Humaines

Le pouvoir : une notion essentielle, qui convoque le sacré

18/05/2026 17:43

Extrait d’un livre à paraître : La Méthode Chamming’s – Ethique Quotidienne du Pouvoir

L’une des spécificités de la Méthode Chamming’s est d’aborder la question des relations humaines sous l’angle du pouvoir. Je ne connais aucune autre pédagogie, aucune autre formation qui le fasse, et pour cause...

La notion de pouvoir n’est pas facile. Elle fascine autant qu’elle rebute, à tel point que certains l’excluent totalement de leur univers, estimant qu’ils ne sont même pas concernés : le pouvoir, c’est pour les grands de ce monde, pour ceux qui sont bien nés ou se sont débrouillés pour être très haut placés, c’est pour les requins aux dents longues, les monstres à egos démesurés, les femmes revanchardes et frustrées, mais moi, ça ne me concerne pas, absolument pas. Circulez, il n’y a rien à voir.

La question du pouvoir est pourtant vieille comme l’humanité. Les êtres humains ne sont pas équipés pour survivre seuls dans la nature, individuellement. Comparés à la plupart des espèces animales, ils sont faibles, petits, fragiles, sans grands moyens physiologiques. Ils n’ont réussi à devenir cette espèce dominante sur la planète que parce qu’ils se sont rassemblés et organisés pour créer les conditions de leur survie – nourriture, habitat, hygiène, prolongements de leur corps (habillement, outils), soins. Ils ont dû pour cela, dès l’aube de l’humanité, confier une partie de leur destin à d’autres qui ont pris des décisions pour le groupe – autrement dit créer des hiérarchies. Au fur et à mesure de son développement, l’humanité a imaginé et mis en œuvre des hiérarchies de plus en plus complexes, des organisations sociales, familiales, professionnelles. Et toujours, la question du pouvoir est au cœur de ces hiérarchies : qui décide ? Selon quelles lignes ? Quelles lois ? Quelles valeurs ? Dans quelles formes ?

Le pouvoir vient d'en haut : autrement dit, de plus grand que soi

La notion de pouvoir est tellement essentielle à la survie de l’être humain, consubstancielle de sa nature, qu’elle revêt un caractère sacré. Dans toutes les cultures, sur tous les continents, le pouvoir vient d’en haut : il est conféré à un individu par quelque chose de plus grand que lui, qui le dépasse et l’honore en même temps. Il est encore, très souvent, dans de nombreuses civilisations, de droit divin ou d’origine magique. Dans notre monde occidental, qui a chassé la dimension spirituelle du débat public et a séparé l’état de l’église, en particulier en France, le pouvoir est directement lié aux valeurs de la Déclaration des droits de l’homme, d’où découle la loi fondamentale qui préside à toutes les lois, la Constitution.

La notion de pouvoir se situe à la jonction entre l’individu et le collectif, entre la personne et la collectivité. Elle a, comme Janus, le Dieu des Portes et des Passages, un double visage : individuel et collectif.

Et lorsque nous naissons dans un pays occidental, bien que nous l’ignorions au départ, nous disposons déjà de pouvoirs, car nous sommes reconnus comme des citoyens en devenir.

Examiner, honnêtement, l'étendue des pouvoirs dont nous disposons, la manière dont nous les utilisons - ou pas, vérifier si nous en abusons ou si, à l'inverse, nous les abandonnons, reconnaître (vraiment) ceux que nous convoitons, ou ceux dont nous ne sommes en fait pas prêts à assumer les responsabilités (qui en sont l'une des conséquences automatiques, et pas des moindres)... voilà qui fait partie du travail à réaliser par celui ou celle qui prétend à devenir pleinement adulte, à prendre pleinement sa place au sein de la communauté humaine.

Celui ou celle qui ignore cette question, la subit.